Aujourd’hui, l’alimentation est au coeur de nombreux débats. Enormément de problèmes de santé sont issus de notre façon de manger. Spontanément, lorsqu’on parle d’alimentation, on sous-entend uniquement « produit alimentaire ». En réalité, l’alimentation englobe des paramètres beaucoup plus étendus et aussi importants que le produit alimentaire lui-même. Dans une pathologie, « l’aliment » lui-même, est un facteur parmi tant d’autres dans l’art de s’alimenter. Il faut aller jusqu’au bout du raisonnement et ne pas s’arrêter aux types de produits ingérés.
Y aurait-il des facteurs humains au sens large ? Exactement, avec tout ce qui les définissent.
S’alimenter génère des problèmes par rapport à un contexte, rarement par rapport à un facteur isolé. Ainsi considérer l’alimentation seulement d’une manière moléculaire par exemple, reste très limitative, et n’explique pas pourquoi les problèmes surgissent. Certaines personnes auront beau faire des efforts pour manger des produits sains, ou adopter une alimentation correcte au regard de certains points de vue, elles n’obtiendront qu’une amélioration plus ou moins efficace, à plus ou moins long terme (de quelques jours à quelques années) avec, souvent, un retour de bâton. Adopter toujours le même régime alimentaire, peut corriger des problèmes dans un premier temps, puis finit par créer un excès (de la même chose) et re-déséquilibrer l’ensemble. C’est ce que les orientaux nomment le Tao, cette notion d’équilibre entre les choses, que nous n’avons d’ailleurs plus besoin de démontrer, car chacun s’est aperçu dans sa propre vie, que prendre une seule voie revient à terme à créer un excès qui se retourne contre soi. Ce n’est qu’une histoire de temps.
Le Rapport entre l’Homme et l’alimentation
Par ailleurs, il est nécessaire de regarder ce qu’est l’alimentation au regard de l’individu, car il ne s’agit pas seulement de remplir l’organisme de bonne ou de mauvaise manière.
L’être humain à un psychisme, qui se matérialise entre autre dans ce qu’il mange, ce qui l’entraine à consommer certains produits. Ainsi, nous portons certains poids psychologiques irrésolus, et notre orientation alimentaire les matérialise par le choix de ce que nous avons envie de manger. Puisque nous le savons, il faut donc faire plus attention me direz-vous... Ce n’est pas si simple, la preuve, beaucoup échouent. Il est préférable de régler chaque problème sur le plan dont il est issu, et sur le terrain psychologique, l’équilibre restera donc à trouver avant tout, ce qui minimisera les compensations alimentaires.
Ensuite, un être humain à une manière physiologique de fonctionner qui lui est propre. Un paramètre incontournable, qui démontre que ce que mange votre voisin, et qui lui réussit, ne vous conviendra peut être pas à vous. Comme dirait un dicton en Médecine Traditionnelle Vietnamienne : « ne regarde pas dans l’assiette du voisin, mais dans ta propre assiette, tu en apprendras beaucoup plus sur toi ».
Vous avez tous entendu quelqu’un se plaindre d’un régime alimentaire, parce qu’il fonctionne pour les autres, mais pas pour lui. C’est un grand point clé, dont la MTO tient compte, grâce au diagnostic fonctionnel (interrogatoire, pouls, langue, palpation...), qui donne un état des lieux précis des systèmes, tel que l’état de l’appareil digestif (tractus digestif complet) et ainsi permet de conseiller une alimentation appropriée pour retrouver l’équilibre des systèmes organiques. Cela reste une expertise délicate, qui conduit à savoir si le déséquilibre provient d’une mauvaise température de l’appareil digestif (en excès ou en défaut), d’une paresse, etc. Il est également important de considérer que d’autres systèmes organiques perturbent le fonctionnement de l’appareil digestif. Ne traiter que l’alimentaire c’est soigner souvent un effet, mais plus rarement la cause.
Un exemple : prenons le cas d’une déficience de production de l’énergie pulmonaire, qui a pour conséquence d’affecter le niveau énergétique de l’organisme : cela engage un processus de compensation en sollicitant l’appétit pour emmener plus d’énergie à l’organisme.
Se nourrir correctement doit provenir d’une expérience personnelle, d’une écoute de l’effet que produisent les aliments sur soi. Notre expérience est normalement assez conséquente en la matière puisque nous mangeons depuis notre naissance. En réalité, nous savons quand nous avons trop mangé (notion de bol alimentaire), pourquoi nous prenons du poids (somatisations et mauvais nutriments), nous connaissons également les aliments qui empêchent notre bien être digestif, ceux qui modifient notre comportement psychique, ceux que l’on mange par habitude et culture, etc.
Depuis des siècles, l’écoute, l’observation, l’expérience des médecins asiatiques a donné naissance à la MTO (acupuncture, pharmacopée, Tuina, diététique, exercices...). L’art de s’alimenter est fondu dans la culture asiatique à tel point que tous les plats sont en équilibre, quand ils sont préparés correctement. Les Sushis, par exemple, à la mode aujourd’hui, seraient indigestes à terme car trop de « nature froide » (poisson cru) s’ils n’étaient pas accompagnés de condiments réchauffants tel que le gingembre cuit dans le vinaigre et le wasabi. De cette manière les Japonais peuvent en manger tous les jours. Au Vietnam (un pays qui regorge de produits alimentaires), chaque plat est cuisiné traditionnellement avec les herbes digestives appropriées et respecte l’équilibre des « natures » des aliments préparés. La population reste svelte et en très bonne santé. Au sein des familles, aucun plat ne sera préparé sans avoir exactement tous les ingrédients. Aucun de ces derniers ne peut être remplacé par un autre. Ne confondez pas les restaurants asiatiques près de chez vous avec la nourriture familiale dans le pays. En Asie l’embonpoint et les problèmes de santé sont arrivés avec l’occidentalisation de la nourriture et du mode de vie.
Maintenant c’est à vous de jouer, en faisant le tri.
Gilles Goncalves
Tuteur T.A.P / M.T.O

