21 février 2011

Les inflammations ou les syndromes de chaud et de froid

Derrière cette dénomination en apparence simple, se cache un axe clé de la Médecine Traditionnelle Orientale.
Cet axe résume les différents types d’inflammations que l’on peut rencontrer.
Les inflammations sont des réactions à une attaque pathogène interne ou externe. En général, le premier symptôme est la douleur, accompagné ou non d’une rougeur, d’un gonflement. L’inflammation évoque la perturbation d’une zone corporelle, d’une articulation, d’un organe. Les inflammations sont plus ou moins graves, de la simple allergie cutanée à l’œdème de Quincke, de la colopathie fonctionnelle à la diverticulite aiguë, de l’entorse à la polyarthrite.
Pour la Médecine Traditionnelle Orientale les différentes inflammations peuvent provenir de 2 pôles distincts et opposés, que l’on retrouve indiqué dans le Wu Xing (Voir l’article sur les 5éléments) avec les notions de Feu et d’Eau.
L’Eau est le principe fonctionnel concernant les niveaux d’accumulation de l’organisme et la signature des refroidissements internes engendrant des perturbations vasculaires (vasoconstrictions) par exemple, qui peuvent provoquer des réactions inflammatoires par compensation. Si « l’Eau » est en déséquilibre, soit en hyperfonction ou en hypo fonction, alors les différents nutriments, électrolytes, échanges moléculaires, mouvements liquidiens (sang-lymphe) sont perturbés et génèrent des inflammations. Le pouls du patient sera lent, en surface ou en profondeur. La langue blanchâtre, avec plus ou moins d’enduit blanc.
Dans les cas d’insuffisance de l’élément « Eau » la moxibustion (chauffer à l’aide d’un bâton d’armoise) est très indiquée. Cette action se nomme couramment en Médecine Chinoise : « tonifier le Yang rein (ce qui n’a rien à voir avec les reins, mais provient de l’amalgame Eau/reins).
L’arthrose par exemple, est un cas typique d’une insuffisance Yang Eau. Son traitement type : l’acupuncture des méridiens et systèmes concernés, la moxibustion, des formules de plantes à base d’écorce de cannelle (Rou Gui), la cure régénérative de l’appareil ostéo-articulaire grâce à la gemmothérapie...
Le « Feu » est le principe fonctionnel concernant la régulation thermique, la vascularisation, le niveau de défense immunitaire, entre autres.
Le déséquilibre en excès d’énergie de cette fonction (car en lutte excessive) engendre également des inflammations. Le pouls du patient dans ce cas sera rapide, en surface ou profondeur. La langue est rouge, avec parfois un enduit jaune qui indique que la chaleur (inflammation) commence à brûler les liquides organiques. Dans ce cas d’excès de l’élément « Feu » il faut disperser l’inflammation dans les méridiens concernés, grâce à l’acupuncture, la pharmacopée, ou grâce à la gemmothérapie en utilisant Ribes Nigrum comme base de traitement.
Il peut être également nécessaire de stimuler les inhibiteurs naturels de l’inflammation, en fonction du diagnostic (populairement appelé Vide de Feu en jargon acupunctural).
Cet axe Eau/Feu est la grande clé des syndromes inflammatoires, et de la plupart des maladies. Mais il est nécessaire d’être très minutieux dans l’analyse fonctionnelle pour savoir quelle fonction (élément) est à l’origine du problème. D’autres axes ou fonctions peuvent être concernées, ou à l’origine de la maladie, c’est pourquoi il est nécessaire de mener le plus loin possible l’investigation et de ne pas se fier à l’habitude et aux évidences souvent trompeuses.
La classification des syndromes inflammatoires et infectieux est répertoriée par la Médecine Traditionnelle Orientale (Chinoise) depuis très longtemps, et un ouvrage en particulier, le «Shanghanlun » de Zhang Zhong Jing, écrit aux environs du 2éme siècle après J.C. reste le classique incontournable à lire dans ce vaste domaine. Ce livre n’est évidemment pas un manuel et reste assez hermétique sans l’aide de cours explicatifs, mais il garde le mérite d’occuper les longues soirées d’hiver de manière studieuse.
Gilles Goncalves tuteur T.A.P/MTO

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