6 août 2012

Les abeilles disparaissent…


Les abeilles sont des insectes hyménoptères. Elles butinent c’est-à-dire qu’elles volent de fleurs en fleurs à la recherche de nourriture. Ainsi, elles récoltent le pollen mais aussi le nectar, la propolis et le miellat.
Un des rôles les plus importants des abeilles est la pollinisation : en effet, en butinant, elles transportent le pollen de fleurs en fleurs ce qui permet d’assurer la reproduction de nombreuses plantes de la famille des angiospermes et des gymnospermes.
Sans les abeilles, la biodiversité diminuerait et de nombreuses espèces de plantes disparaitraient.
Les producteurs d’arbres fruitiers sont particulièrement concernés par la bonne santé des abeilles car la production dépend fortement du travail de pollinisation de ces petits insectes.
« Si les abeilles venaient à disparaître, l'humanité n'aurait plus que quatre années devant elle » est une citation communément attribuée à Albert Einstein alors qu’il n’en est rien (elle date de 1994, soit 39 après le décès du célèbre scientifique…). Toutefois, cette phrase ne manque pas de sens car si les abeilles disparaissaient, tout un écosystème serait déséquilibré : de nombreuses plantes ne seraient plus pollinisées ce qui aurait pour conséquence leur disparition mais aussi celle de nombreux animaux, sans parler de la catastrophe dans le monde agricole.

Malheureusement, depuis les années 1990, on assiste à un pic de disparition des abeilles : on parle syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles ou CCD pour Colony collapse disorder. Ce phénomène évolue sur le mode épidémique et bien que de nombreuses études soient en cours, il reste encore largement inexpliqué.
De nombreux facteurs sont avancés, au premier rang desquels les pesticides utilisés par certains agriculteurs et des attaques virales.
En 2009, un colloque a eu lieu et énonça quarante facteurs qui interviennent potentiellement dans la disparition des abeilles. Des infections parasitaires, fongiques et virales seraient en cause, tout comme l’utilisation d’insecticides dans les cultures et le développement des cultures OGM. 

Malgré les alertes et les appels à l’aide des apiculteurs depuis de nombreuses années qui réclamaient la suppression de l’utilisation d’insecticides comme le Gaucho ou le Régent TS, rien n’est réellement fait : les lobbies industriels font foi et écrasent littéralement les demandes des apiculteurs. Il faudra attendre de nombreuses années pour que finalement l’impact de la disparition des abeilles se ressente sur la production agricole à plus grande échelle et pour que finalement certains insecticides soient interdits. Mais ne nous faisons aucune illusion, ils n’ont pas été interdits en raison de leur réel impact écologique mais plutôt parce que si la production agricole de certaines céréales ou plantes venait à diminuer, les marchés vont s’envoler…
Il est bien triste de constater que rien ne change et que les leçons ne sont pas retenues. Mais finalement, en raisonnant ainsi, l’homme s’empoisonne lui-même. J’ai eu l’occasion de discuter avec un médecin pédiatre récemment qui m’a expliqué que depuis le début de sa carrière, il assiste à une augmentation des malformations génitales chez le petit garçon (hypospadias, malformation de l’abouchement de l’urètre), la pollution environnementale n’y serait pas étrangère….

On entend certaines personnes dire : « il  faut espérer qu’il ne faudra pas attendre des catastrophes pour que les choses changent ». Malheureusement, les « catastrophes » sont déjà là !
Olivier Belva, apiculteur dans le sud de l'Ardèche et président de l'Unaf, se souvient. "Lorsque j'étais enfant, mon père me disait qu'à partir de 5% de destruction, il fallait se poser des questions." La moyenne nationale est montée à près de 30% !

Il faut également savoir que 30% du contenu de notre assiette est lié à la pollinisation et les abeilles font parties des meilleurs insectes pollinisateurs.
Si elles venaient à disparaître, la qualité du contenu de notre assiette serait fortement altérée.

Il reste donc à espérer que comme la tendance est à ne jamais faire de choses désintéressées et à l’égoïsme, les responsables prendront peurs et craindront de ne plus faire si bonne chère. 

Ainsi, ils se mobiliseront, certainement pas dans le but premier de sauver les abeilles mais bien le contenu de leur assiette… !

Cordialement,
Laure Martinat