8 février 2013

La faim, d’où vient-elle ?


La faim est quelque chose que tout le monde connaît mais si on vous demande de la définir précisément, les mots risquent de vous manquer et chacun peut la percevoir un peu différemment. Logiquement, la faim aboutit à l’ingestion de nourriture. Mais alors pourquoi mange-t-on ?

Imaginons d’abord les choses de façon simplifiée : notre corps est comme une machine très complexe qui a besoin de carburant pour fonctionner. Mais pas n’importe lequel ! Il ne suffit pas de manger pour lui donner ce dont il a besoin ; il faut manger de façon équilibrée et diversifiée.
Pourquoi ? Car notre organisme a besoin d’une multitude de nutriments différents, non seulement d’un point de vue quantitatif mais aussi qualitatif.
A la base, la faim est un phénomène biologique tout à fait normal, utile à notre organisme : elle nous permet de savoir qu’il a besoin d’énergie. Mais il existe une composante psychologique, émotionnelle dans la faim, qu’il n’est pas toujours facile de comprendre.

Notre organisme dispose d’un système de régulation énergétique interne qui lui permet de gérer les besoins et les apports en énergie. La sensation de faim n’est alors qu’une conséquence de la mise en route de ce système de régulation. Notre système nerveux central reçoit des signaux en provenance de la périphérie lui permettant de déclencher la sensation de faim mais aussi la satiété une fois que nous avons commencé à manger. Le déclenchement de la sensation de faim repose, entre autre, sur un infléchissement de la glycémie (taux de glucose dans le sang). 
On comprend donc bien que la prise alimentaire repose sur un système complexe, étroitement régulé. 

Or nous savons bien que le corps n’est pas séparé de l’esprit. Et c’est pour cela que des phénomènes émotionnels et psychologiques peuvent intervenir dans la régulation de ce système biologique et venir ainsi le perturber. On parle alors de la faim émotionnelle (pour la distinguer de la faim biologique). 

Quand nous naissons, la faim émotionnelle est la composante majeure de la prise alimentaire : lorsque le bébé tète, il se nourrit de lait mais aussi de chaleur, de bien-être, de sécurité. Ainsi, la nourriture est indissociable du sentiment de confort et de bien-être. Ceci est bien sûr tout à fait normal.
Par contre, les années passant, l’enfant grandit et il va apprendre à gérer ses émotions. La faim émotionnelle cède la place à la faim biologique. Cela se passe ainsi si tout va bien. Pour un certain nombre d’entre nous, la nourriture peut continuer à être utiliser pour apporter un sentiment de sécurité et de bien-être, comme celui de son enfance.

Parallèlement à ces phénomènes, il existe d’autres facteurs de dérégulation de la faim : on retrouve très souvent le besoin de contrôle. En effet, certaines personnes ont un besoin presque irrépressible de contrôler leur prise alimentaire en dépit des perceptions biologiques. Par exemple, on retrouvera le « je n’ai pas faim mais je dois manger absolument » ou au contraire, le « j’ai mangé mes deux cuillères de riz, j’ai encore faim mais je ne m’arrête de manger maintenant ». Ces stratégies de contrôle ont pour but une meilleure prise sur sa vie et sur soi-même. Mais malheureusement, elles n’ont, à terme, que des issues négatives et néfastes sur la santé : anxiété, angoisse, dépression, culpabilité et frustration. De plus, tous ces sentiments vont nuire à la perception normale de la faim biologique. 

Alors avant même d’engager une réforme nutritionnelle, une modification de sa prise alimentaire, il faut pouvoir être pris en charge de façon globale afin de résoudre d’abord les problèmes psychologiques et émotionnels qui peuvent exister. Bien évidemment ce n’est pas toujours le cas, mais lorsque de tels problèmes sont présents, rien ne sert d’engager de grandes modifications basées sur des conseils uniquement nutritionnels si le problème de fond n’est pas réglé.

Il convient alors de consulter un naturopathe, un thérapeute, un médecin et tout autre praticien de santé qui saura être à l’écoute, réaliser une prise en charge globale afin d’initier les démarches nécessaire vers la guérison et le mieux-être qui déboucheront à terme sur le bien-être.
On ne traite pas qu’un symptôme, on se doit de voir la personne qui vient consulter comme un être unique qui a besoin d’être aidé dans sa globalité. 
Laure Martinat

6 janvier 2013

Méfaits et bienfaits des laits


En cette nouvelle année, nous allons aborder un sujet d’actualité à la fois passée puisque le thème du lait et de ses effets sur la santé est récurrent depuis des années mais aussi futur car la polémique reste, les études sur le sujet fleurissent et il n’existe toujours pas de consensus…

Nous sommes confrontés à la publicité qui nous encourage à consommer des produits laitiers (sous-entendu issu d’animaux comme le fromage, les yaourts au lait de vache etc.) sous peine de manquer de calcium et de développer une ostéoporose…
Et d’un autre côté, nous sommes de plus en plus souvent mis en garde contre les méfaits du lait et notamment celui de vache sur notre santé.

En effet, les intolérances au lactose, le sucre que l’on retrouve dans le lait, sont de plus en plus fréquentes : nombreux sont ceux qui en ont fait l’expérience ou qui ont dans leur entourage une personne qui ne peut plus manger de produits laitiers ou boire du lait sous peine de désordres intestinaux et de douleurs abdominales.

Ceci s’explique tout simplement par le fait que l’organisme humain adulte ne dispose pratiquement plus des enzymes nécessaires à la digestion du lait : les lactases qui sont alors en quantité bien insuffisante pour digérer le lactose d’où ces phénomènes de maldigestion.

On peut donc déjà se poser la question de l’intérêt de manger une substance pour laquelle nous ne disposons pas du matériel enzymatique nécessaire à sa digestion… 

Mais alors, nous allons forcément souffrir d’ostéoporose puisque sans produits laitiers, elle nous guette ?? 

Point du tout !

Tout d’abord car l’ostéoporose n’est pas une carence en calcium : il s’agit d’une accélération du remodelage osseux.
En effet, l’os est un tissu vivant soumis à un processus de remodelage permanent : l’os ancien est lysé et de l’os nouveau est créé à la place pour le remplacer.
En temps normal, les phénomènes de lyse et de renouvellement sont en équilibre. Mais au cours du vieillissement de l’organisme, le remodelage osseux devient moins efficace et la balance est en déséquilibre au profit de la lyse osseuse. La masse osseuse va alors diminuer, tout comme la résistance de l’os. Celui-ci est alors plus fragile et les fractures sont plus fréquentes. 
Ce n’est donc pas une carence en calcium ou en vitamine D qui est responsable de l’ostéoporose. Toutefois, ces deux éléments joueraient un rôle préventif important : il faut donc être vigilant à assurer des apports réguliers tout au long de sa vie. 
De plus, de nombreuses études scientifiques ont mis en évidence que le calcium apporté par les produits laitiers fait chuter la concentration de vitamine D. Or ces deux éléments sont indissociables dans le métabolisme phosphocalcique. Raison supplémentaire pour ne pas adhérer aux publicités qui recommandent plusieurs produits laitiers animaux par jour.

Le calcium pourra alors se trouver dans de nombreux aliments tels que les épinards, les lentilles, le cresson, le chou, les oignons qui en contiennent de belles quantités. Les carences seront ainsi évitées !

En outre, l’agriculture qui nous fournit les produits laitiers n’est pas exempte de tout reproche : hormones, antibiotiques sont largement utilisés chez les animaux (avec des variantes en fonction des législations des pays) afin de produire plus, de lutter contre les maladies qui se développent dans les élevages intensifs sans véritable respect de la nature… Or ces produits se retrouvent dans le lait que nous buvons ! Il est donc préférable, si vous désirez acheter du lait d’origine animale, de le choisir en provenance de l’agriculture biologique ou de producteurs que vous connaissez.

Maintenant, jetons un petit coup d’œil aux laits végétaux pour rester dans le domaine des produits laitiers :
Leur richesse nutritionnelle en fait un atout certain et une belle alternative aux laits d’origine animale. On y retrouve des minéraux, des lipides, des glucides et certains présentent même des taux intéressants de calcium. 
Les laits végétaux ne contiennent pas de lactose : ils n’entrainent donc pas les soucis de digestion que nous avons évoqués un peu plus haut. 
Les laits de riz, d’avoine et de noisettes sont riches en glucides à index glycémique bas, meilleur pour la santé. Particularité des laits végétaux, ils ne contiennent pas d’acide butyrique (un acide gras que l’on retrouve notamment dans le lait de vache). Or celui-ci aurait un effet pro-inflammatoire sur la muqueuse intestinale. 
Le lait d’amande est très calorique, il conviendra donc de le consommer avec modération. Par contre, il a la particularité d’être alcalinisant. Ainsi, il lutte contre les effets délétères de l’acidose tissulaire entretenue par une alimentation acidifiante. 
Les laits de quinoa et de soja ont en outre l’avantage d’être riches en fibres et en protéines ce qui favorise la satiété. 
Côté calcium, les laits de soja et d’amandes en contiennent deux fois plus que le lait de vache !

Ainsi, grâce à leur diversité, les laits végétaux sont une excellente alternative aux laits d’origine animale, il serait donc bien dommage de s’en priver !